ÇİYA ARTOS, lundi 12 mai 2025
L'Institut kurde de Lausanne a publié le 4 mai 2025 un communiqué dans lequel il déclare : « L'Institut kurde de Lausanne a annoncé sa création par une déclaration et a précisé que l'objectif principal de l'institut est la défense des droits des Kurdes. »
En tant que Kurdes, nous saluons et soutenons cette initiative. C'est pour cette raison que le Kurdistan a été divisé ici et qu'il doit redevenir un tout.
Qu'est-ce que la Conférence de Lausanne ?
Il ne fait aucun doute que ceux qui ont contribué à la création de l’Institut kurde de Lausanne sont d’une importance capitale. Cela signifie que les Kurdes ne sont plus considérés comme des étrangers et qu’ils peuvent désormais créer leurs propres institutions. Mais le plus important est que ces institutions soient créées de manière à servir les intérêts nationaux, culturels et démocratiques des Kurdes.
Un autre aspect important de l’accord de Lausanne est que, en raison de l’injustice historique infligée aux Kurdes dans cette ville, le cœur des Kurdes saigne et le peuple kurde souffre depuis plus de 100 ans. Les Kurdes se rassemblent devant les murs du palais de Rumine, où le traité de Lausanne a été signé (le 24 mars 1923). Cependant, nous savons qu’un simple slogan ne suffit pas, et dans la pratique, ce sont surtout les Kurdes de la diaspora qui doivent prendre des mesures concrètes pour faire respecter ce traité. Parmi ces mesures, la plus importante est l’organisation des Kurdes. À cet égard, la création de l’Institut kurde de Lausanne a joué un rôle crucial dans cette organisation.
Bien que le Traité de Lausanne de 1923 ait tracé les frontières géographiques du Kurdistan de manière arbitraire, son objectif était de faire renaître l’esprit national kurde, qui était alors affaibli. Bien que le Traité de Lausanne ait accordé l’indépendance à de nombreux peuples à cette époque, le peuple kurde est resté sous le joug colonial. Ce traité, qui est devenu pour les Kurdes le symbole de la colonisation, a pris, 100 ans plus tard, lors de la création de l’Institut de Lausanne, une dimension symbolique et morale pour les Kurdes. Pour commémorer les rêves des Kurdes à Lausanne, il est désormais indispensable que chaque année, le 24 juillet, des milliers de Kurdes se rassemblent ici pour protester contre les injustices infligées aux Kurdes à la suite de ce traité.
En 1998, nous, les Kurdes des quatre régions du Kurdistan (à l’exception du PKK), n’avons pu rassembler que 200 à 300 Kurdes pour protester contre le traité de Lausanne. Comme le PKK représentait une grande partie des Kurdes du Nord du Kurdistan et de la diaspora, il a exercé son influence et a réussi à les rallier à sa cause dans des actions de ce type. Il est désormais clair que le PKK ne souhaite pas de droits pour le peuple kurde et qu’il a adopté la politique de turquisation des Kurdes comme stratégie. Je suis convaincu qu’à partir de maintenant, des milliers de Kurdes participeront au rassemblement de Lausanne aux côtés des Kurdes du Kurdistan. Cela sème la peur parmi les États colonialistes.
Le rôle de la diaspora
Les Kurdes doivent désormais s’organiser et se lancer dans des actions diplomatiques et de lobbying. La diaspora est aujourd’hui le lieu le plus propice à cela. Certains Kurdes considèrent que les activités de la diaspora sont insignifiantes et inutiles. En réalité, ce n’est pas le cas. L’État d’Israël a été fondé lors du congrès sioniste de 1897 à Bâle, en Suisse, sous la présidence du leader sioniste Theodor Herzog. Pourquoi ne pas lancer une telle étude au sein de la diaspora, où vivent des millions de Kurdes originaires du Nord du Kurdistan ? Un préjudice considérable a été infligé à la population kurde du Nord du Kurdistan. Il faut y remédier par de nouvelles études menées au sein de la diaspora.
Aujourd’hui, il existe des dizaines d’associations, d’instituts et d’initiatives kurdes en Europe, en Amérique et dans d’autres pays. Elles doivent se libérer du contrôle des partis, des organisations et des personnalités, et, à l’instar des organisations de base au sein de la fédération, ne servir que les intérêts des Kurdes et du Kurdistan. Il est très important que, ces dernières années, des Kurdes aient été élus en Europe et dans d’autres pays en tant que candidats de partis. Cela doit se multiplier davantage.
Tout au long de leur histoire, les Kurdes ont toujours fait face à leurs ennemis sans organisation ni unité, et sans succès. Il est nécessaire de mettre en place un mécanisme permettant aux Kurdes de s’unir. Pour combler ce manque chez les Kurdes, des institutions éducatives et culturelles sont indispensables. L’unité des Kurdes passe avant tout par une éducation nationale. La conscience kurde doit s’enrichir d’une conscience nationale. C'est pour cela qu'il est très important que les intellectuels, les écrivains, les éducateurs, les artistes et les chercheurs kurdes ne laissent pas passer l'occasion de relancer ce mouvement. C’est à ce moment-là que l’importance de l’unité entre les Kurdes deviendra évidente. Les associations, les instituts, les centres de formation et les écoles kurdes doivent déployer des efforts considérables dans ce domaine.
Que font les États colonialistes ?
L'Institut kurde de Lausanne, par sa déclaration faite le 4 mai 2025 dans la ville de Lausanne en Suisse, a semé la peur parmi les colonialistes turcs, qui tentent de réduire les Kurdes au silence par des moyens illégitimes.
Depuis des années, l’État turc cherche à mettre fin à la lutte du Kurdistan par le biais du PKK et à réécrire le Traité de Lausanne II. La création de l’Institut kurde de Lausanne a semé la peur et l’inquiétude chez les nouveaux colonialistes. Car ils craignent que les Kurdes s’unissent et mènent une lutte nationale pour s’opposer au deuxième traité de Lausanne et invalider le premier traité de Lausanne.
L'État turc, qui occupe le Kurdistan, et certains Kurdes qui collaborent avec lui, sont devenus des instruments de la politique de l'État turc. Les patriotes kurdes doivent trouver un moyen de mettre fin aux manipulations des dirigeants d’Imralı et de Qendil, qui, depuis des années, imposent au nom du Kurdistan une politique de capitulation et de trahison. Malgré toutes les intrigues, les mensonges, les injustices et les manipulations, la nation kurde ne tolérera pas qu’on lui impose une telle situation.
Nous devons mettre fin à cette situation par de nouvelles mesures, sans oublier que la politique d’assimilation des Kurdes au nom de la « turquisation » est une politique qui a été mise en œuvre avec l’aide et l’encouragement du PKK de la part de l’État. C'est pourquoi nous saluons et félicitons la création de l'Institut kurde de Lausanne. Bonne chance !
12 mai 2025
Lien source = https://www.vanmed.net/makale/giringiya-vekirina-enstituya-kurdi-ya-lozane-u-tirsa-ji-kolonyalistan-526

